Avec plus de 19000 enfants maltraités et près de 79000 déclarés comme "courant un risque", du à leurs conditions de vie, en 2006 (soit 1000 de plus qu'en 2005), la maltraitance infantile en France est en hausse.
(Chiffre de l'
ODAS)
Définition de la maltraitance infantile
La maltraitance infantile désigne "
Toute forme de violences, d'atteinte ou de brutalités physiques et mentales, d'abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d'exploitation, y compris la violence sexuelle", selon l'article 19 de la convention internationale des droits de l'enfant (ONU, 1989).
Selon l'ODAS (observatoire décentralisé d'action sociale, 1993) :
- "L'enfant maltraité est celui qui est victime de violence physique, cruauté mentale, abus sexuels, négligences lourdes ayant des conséquences graves sur son développement physique et psychologique"
- "L'enfant en péril est celui qui connaît des conditions d'existence qui risquent de mettre en danger sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation, ou son entretien, mais qui n'est pour autant pas maltraité (négligence)..."
Types de maltraitance
Maltraitance physique :
Elle désigne des actes de violences tels que : coups, brûlures, empoisonnements, secousses, etc.
Ce type de maltraitance laisse des traces visibles sur l'enfant (bleus, brûlures, etc.), mais n'est cependant pas forcément le plus signalé.
Négligence lourde :
Elle se caractérise par un manque de soin, de nourriture, d'hygiène, de surveillance, de protection ou d'affection.
Maltraitance psychologique :
Elle designe les rejets, mise à l'écart, brimades, lourdes et pesantes éxigences non adaptés aux capacités de l'enfants (scolaires ou sportives par exemple), sadismes, menaces, agressions verbales, etc. et tant d'autres choses encore.
Maltraitance sociale :
Elle désigne l'exposition de l'enfant à la violence familliale ou conjugale. L'enfant n'a pas de repère social fiable et ne sait comment se comporter en groupe, il se retrouve alors mis à l'écart par ses camarades de classe.
Elle est souvent considerée comme une maltraitance psychologique.
Abus sexuel :
La violence sexuelle désigne le viol, l'inceste, l'attentat à la pudeur, la prostitution infantile et la pedopornographie.
Cette forme de maltraitance a des conséquences lourdes sur l'enfant, aussi bien physiquement (traumatismes, grossesses, maladies vénériennes, etc.) que psychologiquement (troubles mentaux, dépressions, envie suicidaire).
Selon l'ODAS, en 2006, 6 300 enfants ont souffert de maltraitances physiques, 5 000 ont été victimes de négligences lourdes, 4 300 d'abus sexuels, et 3 400 de maltraitances psychologiques.
Ce qui nous donne environ :
- Maltraitance physique : 33.16%
- Négligence lourde : 26.32%
- Abus sexuel : 22.63%
- Maltraitance psychologique : 17.89%
Bien que plus fréquente dans le milieu famillial, la maltraitance peut aussi être faite par une personne ayant une autorité sur l'enfant (enseignant, éducateur, prêtre, secte, etc.), et parfois même dans une structure sociale censée proteger l'enfant d'un tel danger (MECS, famille d'accueil, etc.).
Contrairement aux idées reçues, il y aurait à peu près autant de femmes pédophiles que d'homme pédophiles.
Signes de maltraitance
| Signes physiques |
Signes psychologiques et comportementaux |
Dans le cas d'abus sexuels |
- Ecchymoses
- Hématomes
- Griffures
- Brûlures
- Plaques d'alopécie (touffes de cheveux arrachés)
- Morsures
- Fractures multiples d'âge différent à la radiographie du squelette entier (syndrome de Silverman)
- Plaies multiples et d'âge différent
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- Retard du langage
- Retard psychomoteur
- Instabilité psycho-motrice
- Difficultés scolaires ou baisse brutale du rendement scolaire
- Syndrome dépressif de l'enfant (souvent difficile à repérer : tristesse, isolement, agressivité, diminution des activités, anxiété, provocations)
- Recherche particulière d'affection, d'attention, de contact, etc.
- Rejet de tout contact, d'affection, etc.
- Absentéisme scolaire
- Fugue avec refus du retour à domicile (souvent non expliqué par l'enfant)
- Refus de confier ses problèmes
- Enurésie (l'enfant recommence à faire « pipi au lit » après avoir été déjà propre ou retard d'acquisition de la propreté), ou encoprésie
- Trouble du sommeil
- Troubles du comportement alimentaire (anorexie mentale, boulimie, pica)
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- Activité masturbatoire compulsive et inappropriée
- Propos sexuels inadaptés
- Jeux sexuels avec les camarades non appropriés pour l'âge
- Parfois tentatives de viol sur d'autres enfants
- Soumission à l'autorité de l'adulte
- Identification à l'agresseur dans le jeu (poupée, dessins)
- Modifications de l'apparence extérieure (tenue et hygiène négligées)
- Sommeil tout habillé avec refus des visites (porte verrouillée)
- Plaies des organes génitaux
- Grossesse
- Infections génitales à répétition
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Réagir face à un cas de maltraitance
| A faire |
A ne pas faire |
- Ecouter l'enfant, le croire et le rassurer
- Respecter son silence s'il ne veut pas parler
- Souligner son courage et le remercier d'avoir parlé
- Lui dire que vous êtes la pour l'aider à mettre fin à de tels échanges, en prévenant les gens compétents
- Déculpabiliser l'enfant : l'enfant se pense souvent, à tort, responsable de cette situation
- L'informer que cela est déjà arrivé à d'autres enfants, lui dire que ce n'est pas normal et que ça n'aurait pas du se produire
- Utiliser le même vocabulaire que lui
- Prévenir le 119, et dans les cas graves, la gendarmerie ou la police. Utiliser les mêmes mots et expressions que l'enfants dans votre signalement.
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- Interpeller soi-même l'agresseur supposé ou essayer de régler le problème soi-même
- Confronter l'enfant à son agresseur
- Excuser l'agresseur, prendre son parti
- Paniquer, se monter boulverser, montrer sa colère
- Douter de l'enfant ou remettre en question le comportement de l'enfant
- Lui demander pourquoi il a attendu avant d'en parler
- Demander à l'enfant de parler à nouveau, ou le questionner
- Promettre à l'enfant de garder secret ce qu'il dit
- En parler à des personnes non concernées
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