Hypersexualisation des enfants

L’hypersexualisation des enfants

L’hypersexualisation consiste à donner un caractère sexuel à une personne ou à une chose. Dans le cas des enfants, l’hypersexualisation consiste à les rendre « sexy » ou attirant, mettre en valeur leur corps, et donc les faire rentrer dans des moeurs adultes de manière précoce.

Si peu d’études ont été faites en france, un grand nombre ont eu lieu au Quebec, et on constate de nombreuses définitions et des rapports très différents les uns les autres. On peut cependant retrouver des axes généraux. L’hypersexualisation met en avant l’image, le paraître, par rapport à l’être. On donne l’impression aux enfants qu’il est plus important d’être « beau », « sexy », que d’être soi-même. La « beauté », le comportement, et la façon d’être deviennent normalisés selon des critères adultes.
Le gouvernement français ne reste pas aveugle face à ce phénomène, avec notamment l’interdiction des concours mini-miss en septembre 2013.
Mettre en avant l’enfant comme un « objet », un « pré-adulte » peut avoir des conséquences graves sur les risques d’abus d’enfants. Et concernant les femmes, même adultes, cela peut remettre en cause leur égalité, et avoir des conséquences sur les violences dont elles peuvent être victimes !

Causes de l’Hypersexualisation

Pour cet article, j’ai choisis de mettre en valeur quatre grandes causes d’hypersexualisation dans notre société actuelle :

  • Les tendances vestimentaires (ou la « mode »)
  • Les activités ludiques (jouets, déguisements, sorties, …)
  • Les concours de beauté (mini-miss, …)
  • L’influence médiatique (publicités, clips, magazines, etc.)

J’exposerais ces quatre causes (il en existe d’autres moins présentes, mais ayant aussi leur importance) de manière conçise pour garder un article accessible à tous. Les conséquences étant communes à tout type d’hypersexualisation de l’enfant, elles sont regroupées à la suite des 4 causes.
Pour des raisons évidentes, et afin de ne pas alourdir l’article, j’ai choisi de ne pas mettre de photos des articles concernés.
De même, je ne citerais pas de marques afin de ne pas leur faire de publicité (certaines marques cherchant à choquer pour faire parler d’elles). Cependant, vous pouvez en trouver en recherchant les produits dont je parle (et que je vous encourage à boyscotter !)

Les Tendances Vestimentaires

Lorsqu’on évoque l’hypersexualisation, la première chose à laquelle on pense est la façon de s’habiller.
Certaines marques font de l’enfants un objet sexuel, devant à tout prix ressembler à un adulte dès son plus jeune âge !
J’ai pris quelques exemples choquant, mais hélas pas aussi rare qu’on pourrait le croire :

  • Talons aiguilles pour bébés de 0 à 6 mois. Les orthopédistes vont en être ravis ! Et bien sur ça existe pour les enfants plus grands.
  • Soutient-gorges à partir de 4 ans ! (par une enseigne française, connue au passage pour ses publicités choquantes, mettant en scène des enfants dans des positions très suggestives et en petite tenue, sur laquelle je reviendrais dans la partie « influence médiatique » !)
  • Soutient-gorges rembourrés de mousse pour enfants de 6 à 10 ans. De nombreuses marques en proposent dans de grandes enseignes française, il faut bien qu’une gamine de 6 ans puissent draguer un vieux pervers avec ses faux seins quand même !
  • String et bikini « push-up triangle » dès 7 ans. Vous n’en avez jamais rêvé ? Ils l’ont quand même fait !
  • T-shirts, pulls, etc. regorgeant de paillettes et aux motifs ou textes douteux. Par exemple le texte « Born to be Sexy » (né pour être sexy) ou encore « If you think i’m a bitch … you should meet my mother » (si tu penses que je suis une salope … tu devrais rencontrer ma mère).
  • Des maillots de bains de toutes sortes (bikini, etc.) n’ayant rien à envier à ceux des adultes…
  • Et sûrement bien d’autres (pyjamas, mini-jupes, etc.)

S’il est normal qu’un enfant emprunte des vêtements à ses parents pour jouer à imiter les grands, ça ne l’est plus lorsque ce sont les parents qui achètent ces vêtements en taille enfant, pour ne plus imiter, mais ÊTRE comme un adulte.

Les activités ludiques

Passons aux jouets. Je ne partirais pas dans le fait qu’en france (et d’autres pays), les jouets sont très limités par genre (la fillette aux taches ménagères ou jeux d’intérieur, le garçon jouant les héros ou activités extérieures), c’est un autre sujet (tout aussi intéressant).
Voici quelques exemples de jouets pouvant provoquer une hypersexualisation de l’enfant :

  • Des poupées habillées de plus en plus « sexy ». Si Barbie, bien que mettant bien plus en avant son physique qu’autre chose, a su rester correctement habillée, et dans des situation adaptées aux enfants, ce n’est pas le cas de toutes les poupées. Les poupées « Monster High » par exemple, provocantes, « sexy », « rebelles », en sont un très bon exemple, mais elles ont une apparence adulte, et donc des tenues d’adultes. Bien plus choquant : les « Baby Monster High », qui ont donc une apparence enfantine, mais en conservant une tenue provocante et « sexy ». De même pour les « Bratz Hooker Babies ». Les petites filles de 5 ans rêvent parfois de ressembler à leur poupée favorite, vous souhaitez donc que vos enfants rêvent de s’habiller en mini-jupe, sur-maquillée, et nombril à l’air ?
  • La poupée qui fait du Pôle-Dance
  • Le kit de pôle-Dance pour enfant, contenant un DVD, une barre, un socle, une jarretière et des billets !
  • La poupée à allaiter, livrer avec sa brassière imitant une poitrine, et le petit téton pour placer la bouche du bébé (oui, vous ne rêvez pas !)
  • L’évolution de certains dessins animés, et surtout de l’apparence de leur(s) héroïne(s) et de sa tenue (comparer avant et après avec les exemples suivants : charlotte au fraise, les trolls (dont seuls les cheveux n’ont pas changés), …). Les héroïnes de votre enfance sont devenus des adolescentes de notre époque… tout en ciblant toujours les petites filles ! (et donc en étant un « modèle » pour elle)
  • Des déguisements parfois très court, imitant parfois des comportement d’adultes (bien loin des déguisements de princesse, croyez moi)

Voyons les nouvelles activités ludiques (et au combien pédagogique et éducatives) proposées aux enfants :

  • Les instituts de beauté. Certains sont maintenant ouvert aux enfants à partir de 6 ans, et pas pour une petite manucure mais pour une formule totale (massage, bain de boue, produit de beauté (dont anti-ride … à 6 ans !) de toutes sortes, épilation, …
  • Les clubs de pôle-dance… oui encore du pôle-dance. Je vous rassure, je n’ai rien contre si cette activité est avant tout artistique et technique (comme le trapèze par exemple), mais non, certains clubs reprennent les mêmes positions suggestives qu’en pôle-dance adulte…
  • Epilation à la cire dés 8 ans, pour évitez aux enfants plus tard d’avoir des poils (dont pubiens). Oui, il s’agit bien d’une épilation totale, incluant les parties génitales, rien de moins ! Ce phénomène s’appelle le « virgin waxing », donc épilation à la cire pour vierge.

Les concours mini-miss

Bien que certains concours enfants puissent tout à fait être mignon et innocent, sans pression, sans tenue provocante ou inadaptée à l’âge de l’enfant, et donner une expérience pédagogique à l’enfant (concours d’arts par exemple), c’est loin d’être toujours le cas.
Interdit en france depuis septembre 2013, ils sont très courant dans d’autres pays (et en france avant l’interdiction). L’émission « Toddlers & Tiaras » est sûrement la plus populaire, elle a été diffusée sur NT1, en france, sous le nom de « Mini-miss, mais qui sera la plus belle ? »
Dans cette émission par exemple, la plupart des enfants subissent une pression énorme des parents. Ils sont copieusement arrosé d’auto-bronzant, subissent des séances d’épilation, portent des tenues « sexy », etc.

Mais cela va bien plus loin ! Certains enfants se font poser de fausse dent (ah oui, à 6 ans, on n’a pas encore une dentition adulte, les parents se doivent donc de changer cela !), voir dans les cas les plus extrêmes, faux seins et fausses fesses (à 4 ans par exemple), chirurgies esthétiques diverses (exemple : injection de botox). Et voir des gamines ayant subis ce genre d’opération ne choquent pas les organisateurs, bien au contraire.
Il n’y a pas que ce concours, d’autres sont très similaires, dont certains en france (mini-miss maillot de bain, mini-miss camping, etc.)

Les générations précédentes se sont battues pour que les femmes ne soient plus considérées comme des objets n’ayant d’importance que leur physique, et une partie de la génération actuelle fait tout pour que ce soit au tour des enfants d’être considérés ainsi.
Les enfants n’ont plus besoin d’imiter les adultes, ils peuvent désormais être des pré-adultes, et porter des tenues que bon nombre d’adultes n’oseraient porter.
Au passage, remarquons la réaction d’une partie de la génération de grands-parents, qui interdisaient à leurs propres enfants (même à 18 ans) ces tenues et ces activités, mais qui semblent ravis de voir leurs petits-enfants y avoir droit dés 6 mois !
Petite anecdote : La plus jeune inscrite à un concours l’a été à l’âge de … 6 semaines. Et avant sa naissance, la mère proposait déjà des échographies de l’enfant à des concours.

L’influence médiatique

L’hypersexualisation est aussi provoquée par la société actuelle, et ses différents média. certains ciblant les adultes mais étant néanmoins accessible aux enfants (clips ou films par exemple), d’autres utilisant ou ciblant directement les enfants ou leurs parents (publicités, magazines, etc.).
Je ne parlerais que briévement donc des clips et des films, puisqu’ils ne visent pas directement les enfants, c’est le manque de vigilance des parents qui les rendent si accessible. On peut voir dans certains clips ou certains films, des femmes « objets », qui ne sont présente que comme « décor attirant » (clip de rap par exemple), dans des tenues souvent légère. Laisser les enfants visionner ces scènes peut donc façonner en eux une image réductrice de la femme, en tant que « objet attirant ».

Le point le plus important de l’influence médiatique réside ailleurs : La publicité et les magazines ! Les commerciaux ne sont pas idiots : s’ils le font, c’est que le public visé (parents d’enfants, ou enfants directement) mord à l’hameçon (et c’est aussi vrai pour les jouets, les activités ludiques ou les vêtements au passage).
De plus en plus de publicités ou magazines montrent des femmes dans des positions suggestives ou dans des tenues légères ou « sexy », pour une raison évidente : ça fait vendre ! Aussi bien aux femmes, rêvant de ressembler à leurs modèles, qu’aux hommes pour des raisons évidentes.
Les enfants sont donc confrontés à la sexualité partout (publicités géantes, vitrines, télévision, etc.), or les enfants sont influençable et sont comme des éponges : ils absorbent et retiennent ce qu’ils voient ou entendent !
Cependant, ces publicités et magazines influencent inévitablement les enfants mais visent avant tout les adultes, considérant que nous sommes dans un monde où seul le consommateur (ou plutôt son argent) est important.

Les plus choquantes sont donc celle utilisant les enfants pour viser le consommateur. En effet, des magazines, et des enseignes commerciales, utilisent les enfants comme modèle d’exposition pour leurs produits. Petite culotte, brassière, soutien-gorge, bikini, etc. Ils les font poser dans des positions suggestives, imitant celles des mannequins adultes !
Nombreux sont les magazines ou les enseignes commerciales à y avoir recours, même en France !
En dehors de la France, certains salons utilisent les enfants comme « babe », ces hôtesses séduisant les clients pour attirer l’attention sur un produit.
Un salon automobile chinois avait utilisé des gamines de 5 ans en bikini pour poser à coté des « babes » adultes et des voitures, dans des positions suggestives, et certaines personnes présentes avaient pris bien plus de photos des gamines que des voitures !

Un autre exemple choquant mais marquant : Lors du carnaval de Rio 2010, l’école Viradouro (école de Samba) fît défiler Julia Lira comme « Reine de la Samba » de l’école, âgée de 7 ans (et dont le père est président de l’école !), dans une tenue très provocante. Ce rôle étant habituellement tenue par de jeunes femmes, payant chère pour avoir ce « privilège », leur ouvrant les portes de la gloire et de nombreux contrats.
La pauvre enfant s’est mise à pleurer, après avoir été approchée par la foule et plusieurs photographes et cameramans, avant de continuer en tenant la main de son père.
Trouvez-vous normal de donner à une enfant si jeune cette responsabilité (représenter l’école, la sensualité, etc.), cette pression, et cette exposition de son corps (face à tant d’inconnus, et de médias) dans un rôle habituellement tenue par des adultes ?

Conséquences de l’Hypersexualisation chez l’enfant

Pour résumer de manière concise mais complète, les conséquences sont hélas nombreuses et loin d’être minime.
Tout d’abord, un enfant, dont le corps est anormalement mis en valeur et/ou ne disposant pas des connaissances de bases (que son corps lui appartient et qu’il en est maître, ce qui peut être dangereux pour lui, etc.) est gravement exposé aux risques d’abus sexuels ou d’exploitation de son image !
De plus, ces enfants peuvent avoir une mauvaises vision de leur corps ou d’eux-même, et garder cette vision en tant qu’adulte. Ils peuvent en effet considerer comme normal d’être vu et traité comme des « objets » (la notion bien connu de « femme-objet », mais c’est tout aussi valable pour un homme, et encore plus pour un enfant !), dont le corps est public, quiconque pouvant l’utiliser a sa guise.
Ils peuvent penser que la beauté est primordiale, voir unique critère important du corps, et qu’il faut plaire aux autres pour vivre, ce qui peut amener à de sévères cas d’anorexie, de dépression, etc. pouvant aller jusqu’au suicide.
Enfin, considérant leur corps comme « objet », cela peut les conduire vers la prostitution dés l’adolescence ou à l’âge adulte.

Ce n’est là que les conséquences les plus connues. Comme pour les cas de maltraitances ou d’abus sexuels, chaque enfant réagissant différemment à une même situation, nous pourrions énumérer autant de conséquences différentes que d’enfants concernés.

Protéger les enfants

Pour certains, la seule manière d’enrayer ce phénomène, et de protéger les enfants, c’est la censure.Je pense que cela risquerait plutôt d’aggraver le problème.
De plus, nous sommes dans une société où le consommateur à bien plus d’importance que les enfants (ou autre public sensible), donc il serait difficile d’interdire les publicités ciblant les adultes.

L’une des solutions pour réduire ce phénomène c’est la prévention et la vigilance ! C’est à vous, parents, d’être vigilant à ce que vous achetez à vos enfants, ou ce qu’ils regardent, lisent ou écoutent. C’est à vous de leur parler et de leur expliquer la différence entre le monde médiatique, et la réalité. Cela ne les empêchera pas de voir ce phénomène à l’école ou en publicité, mais s’ils sont informés, ils sauront moins influencés.

C’est aussi à vous, professionnels de l’enfance, d’agir par la prévention et le dialogue avec l’enfant.

Les adolescents, vous pouvez aussi agir. J’entends bon nombre d’adolescent se dire choquer des enfants et des pré-ados de maintenant. Vous n’avez pas tord, ce qui est adapté à votre âge ne l’est pas forcément à l’âge des enfants.

Cependant, vous êtes un exemple pour les plus petits, donc vous pouvez aider en étant vigilant en dialoguant vous aussi avec eux, vous êtes parfois plus proche de la génération suivante que vos parents.
Vous pouvez aussi tâcher de faire attention à vos sujets de conversation en leur présence. De même, si vous trouvez que des proches hypersexualisent leur petite fille, parlez-leur en.
Quant aux enfants qui liront cette article, n’hésitez pas à vous informez davantage, et surtout à en parler avec vos parents.

L’éducation sexuelle

L’article porte sur l’Hypersexualisation, mais je survolerais rapidement les points important de l’éducation sexuelle, car l’hypersexualisation expose les enfants à plus de risques d’agressions sexuelles, ou à plus de questionnement à ce sujet.

C’est un sujet délicat, posant problème à de nombreux parents. A partir de quel âge doit-on la faire ? Qui doit s’en charger ? L’école, les parents, d’autres personnes ?
Il n’y a pas de réponse clé, mais voila quelques conseils qui me semblent important. On peut en parler avec l’enfant à tout âge, en adaptant notre réponse, et nos informations. L’enfant se posera des questions, il faut y répondre (ou lui laisser le moyen de découvrir les réponses) selon son âge.
Des points importants doivent rapidement être expliqués (les parties du corps, le fait que son corps lui appartient et qu’il peut refuser un contact, la pédophilie, les contacts inappropriés (attouchement), etc.) de manière compréhensibles.

D’autres points, comme l’inévitable question « comment fait-on les bébés ? » peuvent ne l’être que bien plus tard.
Cependant, n’oubliez pas que ce que vous n’apprendrez pas à votre enfant, il l’apprendra de lui même, pas forcément d’une manière correcte, et n’aura pas forcément les bonnes informations (internet par exemple).
Que ce soit par l’école, ou par les parents, une éducation sexuelle adaptée est donc primordiale. Un enfant vivant dans l’ignorance ou le tabou total de ce sujet est un enfant vulnérable à beaucoups de choses (pédophilie, informations erronées, etc.) !

Si vous ne savez pas comment en parler, aidez-vous de guides, de livres, ou d’autres supports adaptés. Par exemple « le guide du zizi sexuel » avec Titeuf (écrit par Zep) est remarquable pour les enfants de 8 à 12 ans ou l’exposition du même nom.

Pour conclure cette article, je vous conseille un petit tour sur http://www.onnetouchepasici.org/ qui contient un clip et un livre, parfait pour parler de la pédophilie avec les jeunes enfants.

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